La part de lui

J’ai hésité longtemps, mis un temps fou (3 ans) à quitter mon travail.

Je ne supportais plus le poids de l’administratif dans mon quotidien, le regard inquisiteur de l’institution, le cadre étrangleur, les politiques iniques en matière d’emploi et certains de mes collègues aussi.

Je suis une personne d’habitudes. J’aime le ronron. Les mêmes horaires, les mêmes procédures, les mêmes repères. L’enfant en moi a besoin de cette musique rassurante.

J’ai fait le saut (que dis-je un pas dans le vide) pour casser ce qui devenait pesant, presque aliénant.

Et voilà que je regrette. Pas tout non, mais ce qui faisait que j’aimais envers et contre tout mon métier, l’image qu’il me renvoyait de moi. La maîtrise des process, une forme d’expertise.

Aujourd’hui, revenir au statut de débutante me fait trébucher. J’ai mis tant de temps à trouver ma place, j’ai travaillé dur pour l’obtenir et j’y ai laissé beaucoup de moi… Faire des erreurs, douter, ne pas savoir me renvoie au pied des marches. Un sentiment douloureux et déstabilisant.

Je ne m’attendais pas à cela.

C’est comme un retour en arrière. L’inconfiance qui vient me brûler de l’intérieur.

En cela, je reconnais mon père… Cette part de lui me gêne, tout autant que la situation je crois…

Je ne m’aime pas dans ce nouveau travail. Je n’aime pas le service que je rends, la place que j’occupe et la manière dont je le fais. Ce n’est pas moi, ce n’est pas non plus ce que je souhaitais faire.

Je ne recrute pas, je ne réfléchis pas à la compétence, je ne professionnalise pas dans les services, « j’administrative ».

Continuer, c’est renoncer. Continuer, c’est sécuriser…

 

6 réflexions sur “La part de lui

  1. ellinda dit :

    Je passe souvent par ici, silencieusement, sans jamais laisser de commentaire.
    Le choix que vous avez fait est courageux. J’en connais peu qui ont ce courage là de partir…Gardez confiance.
    Donnez vous encore du temps…
    Je pense à vous.

  2. Sophie dit :

    Laisse du temps…
    pour apprivoiser tout ce nouveau contexte,
    pour connaître puis oser bouger davantage.
    Je crois que tu peux avoir confiance en ce que tu lances ici… Et si jamais c’est trop nullos (!), bah tu t’en vas !
    Je t’envoie mes pensées (dans cette période un peu trouble de mon côté aussi ; )
    (D’ailleurs, je suis discrète, mais là quand même…)
    Que la force soit avec toi Cloudy ! (Moi je le suis en tous cas : )

  3. sylvie dit :

    quel courage d’écrire tout ceci ici Cloudy! ce sont des choses qu’on peut se dire secrètement mais tu oses nous prendre à témoin, chapeau!
    dire c’est peut-être déjà le mettre à distance, non?
    beau week end, je t’embrasse fort

    • Cloudy dit :

      Il n’y a pas vraiment de courage lorsque l’on se planque derrière un pseudo chère Sylvie.
      Mon blog me permet d’ouvrir les vannes 😉
      Merci à toi d’être là et de me faire toujours des retours encourageants et bienveillants 🙂

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