Missions

Longtemps j’ai pensé que ma mission familiale était de faire en sorte que mes parents restent ensemble. Malgré les difficultés nombreuses, une vie de famille chaotique, mes parents savourent leur retraite et leur vieillesse ensemble, de manière apaisée.  Je m’en réjouis car il me semble qu’ils reviennent de loin, que notre famille a mis des années à vivre ensemble sans acrimonie, à s’accepter, à se témoigner de l’amour.

Ma mission professionnelle ensuite a été de terminer ce que ma mère avait commencé. C’est à dire de travailler dans le social, comme elle et de poursuivre, tandis qu’elle avait tout plaqué pour suivre mon père. Il m’a fallu quelques heures de divan pour comprendre cela. Cette mission inconsciente que je m’étais collée sur les épaules, à la fois pour plaire à ma mère et pour vivre à sa place ce qu’elle avait quitté à regret.

Tout cela étant fait, je me demande ce qu’il me reste.

Je donnerais beaucoup pour m’orienter vers un secteur d’activité moins chronophage, énergivore. J’ai fait mon temps, partagé mes compétences, donné ce que je pouvais et plus encore.

Ma vie à moi est un petit puzzle dont je n’arrive pas à rassembler les pièces.

J’ai choisi un homme absent, tout comme l’était mon père. Je dois travailler sur cette absence, travailler sur cet amour et cette reconnaissance qui m’ont toujours manqué et que mon père n’est pas en mesure de donner aujourd’hui, ni mon Népoux en mesure de réparer.

Je dois travailler à l’acceptation. Faire avec qui je suis. Me donner cet amour qui m’a toujours cruellement fait défaut, vivre avec moi dans la bienveillance et ne pas attendre des autres qu’ils m’apportent tout, comblent tout.

Je sais que tout est là, tout réside dans ces faits là. Trouver ma voie, enfin, finalement, ne penser qu’à moi après avoir toujours fait passer tous les autres « devant ».

Mais c’est fichtrement douloureux.

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