Fissures

Dès le premier jour, j’ai su.

Que ça allait craquer, se fissurer de toutes parts. J’ai senti monter la vague, tranquillement.

J’ai passé une semaine à pleurer, à me repasser en boucle les mots durs (mais justes) de la psy.

Ca fait mal…

Ce serait prétentieux de le dire mais pourtant c’est vrai. Je sais tout des stratégies mises en place, des mensonges que j’ai construit au fil du temps, des masques que j’ai portés, l’air de rien.

Depuis que je suis ici, je dors, je ne pense pas sans cesse à la bouffe, je ne me remplie pas, je prends le temps de prendre soin de moi. Depuis que je suis ici, je suis moi. Complètement, totalement.

Il va falloir quitter ce cocon, retrouver la vie de l’extérieur (la vraie vie ?), ses contraintes et contingences.

Je n’ai aucune idée de la manière dont je vais annoncer à mon employeur que je veux le quitter, je ne sais pas ce que je ferai après, ni si enfin, Namoureux et moi allons trouver un nid ensemble.

Je ne suis pas plus avancée que ça, sinon l’idée qui a creusé son chemin avec force.

Est il possible de se laisser à ce point anéantir par son travail, les convenances ?