Parfois…

Monsieur arrive avec deux grands sacs plastiques remplis de documents.

Fatigué, il s’affaisse dans le siège qui me fait face.

Quel âge a-t-il ? Plus de 60 ans, sans aucun doute. Le jean délavé, les manches fatiguées, le cheveu clairsemé et gras.

Monsieur cherche un emploi.

Il me montre ses « petites affaires ».

Dans le premier sac, des partitions, des paroles de chansons. Il a écrit pour Michèle Torr, Chimène Badi, Patricia Kaas. Les seules voix françaises qui vaillent. Mais aucune n’a répondu, incapables de reconnaitre son talent…

Il me propose de lire. Je réponds que je n’y entends rien à la composition et que ces chanteuses françaises ne sont pas tout à fait ma tasse de thé.

Il est déçu.

Dans l’autre sac, des poèmes. En pagaille, sur des feuilles, des bouts de feuille, des micros feuilles. Il cherche à se faire éditer. Il ne trouve pas. Je demande, par une curiosité non feinte (j’aime la poésie), ce que ses œuvres célèbrent. Sa mère. Glurps.

Je pose mes classiques petites questions, pour vérifier deux trois choses.

Monsieur a plus de 65 ans, ne cherche pas un emploi « classique » et moi je ne fais pas dans la culture.

J’explique à Monsieur le cadre de mon accompagnement, vers qui il pourrait éventuellement se tourner.

Monsieur me dit qu’il suffit parfois d’une seule chanson pour se faire connaitre….

Certes, certes

Mais parfois quand même, faudrait voir à arrêter les conneries.

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