Des affirmations ?

Je n’ai plus mal en regardant les ventres ronds des femmes enceintes. Je n’ai plus de pincements au cœur en regardant mes filleules virevolter autour de moi. Je ne suis plus tendue lorsque je dois répondre que je n’ai pas d’enfant, oui j’aimerais en avoir mais pour le moment je n’en ai pas (comprend qui veut). Je ne suis plus en colère contre moi et le reste de la terre.

Je continue à consulter les blogs traitants du sujet. Je prends de l’info, m’informe, apprends de l’expérience des autres. Nous nous soutenons, bien que nous ne nous connaissions pas. Cette communauté d’âmes me fait du bien. Elle seule sait vraiment.

Je n’en ai pas terminé avec les questionnements nombreux. Ceux qui viennent interroger le corps, l’âme, le couple, le désir, les projections multiples. Pour exemples : pourquoi nous ? si nous n’arrivons pas à avoir un enfant, cela signifie peut être que nous n’en voulons pas inconsciemment ? notre couple va-t-il tenir sans enfant ? qu’est ce qu’une famille sans enfant ? est-ce que je vais m’accomplir en tant que femme si je n’ai pas d’enfant ? que va-t-on me renvoyer et est-ce que je suis assez forte pour le supporter et le surmonter ?

Nous sommes confrontés, nous infertiles à de quotidiennes épreuves. Bien plus sans doute que les autres parents en devenir, pour lesquels faire un enfant ne se réfléchit pas, ne se planifie pas et surtout n’a besoin de nulle autre intervention que celle de deux corps qui se rencontrent.

J’ai mis mon corps à l’épreuve, j’ai eu mal. Je me suis plus d’une fois torturée. J’ai pleuré, juré, maudit. J’ai lu, rencontré des spécialistes et quelques charlatans aussi qui ont épongé mes larmes, fait quelques promesses et pris allègrement mon argent.

Plus d’une fois, j’ai revisité mon histoire, notre histoire. De ma première grossesse, à la première tentative de Fiv jusqu’au cuisant échec de la seconde.

Je ne sais pas si je suis tout à fait au clair…

Pour autant, de nouvelles forces vives m’habitent. Celle physique qui m’a permis de traverser tout cela (et j’en remercie mon corps), celles de mon couple toujours debout.

L’épreuve m’aura appris sur moi, sur nous.

 

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41 réflexions sur “Des affirmations ?

  1. Cécile dit :

    C’est bon ça. Se construire malgré tout! Trouver sa voie et avancer. Faire la paix avec soi même et se sentir bien. Trouver un équilibre, c’est parfois pas simple et surtout dans ton cas mais à te lire j’ai confiance.

  2. ppm dit :

    Peut-être qu’il faut lâcher prise pour que ça marche, comme l’orgasme.
    Peut-être aussi que vous avez une incompatibilité génétique, je ne suis pas spécialiste, mais il y a peut-être de gènes qui ne vont pas ensemble. Dans ce cas, il vaut mieux respecter la nature. La nature fait bien les choses, alors pourquoi ne ferait elle pas bien aussi ce qu’elle ne fait pas ?

    • lunatic5784 dit :

      Euhhhh, y’a que moi que ça énerve des commentaires bidons comme ça? Lâcher prise? Si la nature le veut c’est que c’est mieux ainsi???
      PPM, tu dois pas être concerné du tout par le problème pour sortir des conneries comme ça..

      • Cloudy dit :

        Chère Lunatic, je suis d’un naturel calme et pédagogue 😉
        Merci en tout cas pour ta venue ici 🙂

      • ppm dit :

        @ lunatic5784 : le fait que je ne sois pas concerné, ou pas compétent, ne démontre pas que ce que je dis est une connerie.
        La nature a probablement des raisons que l’on ignore, et si tu penses les connaître alors explique mieux 😉

    • Cloudy dit :

      Tu as raison, la nature fait merveilleusement les choses : parfois elle autorise, parfois elle refuse, sans discernement, implacablement.
      Faire un enfant devrait être aussi simple qu’un orgasme… mais ça ne l’est pas.
      Nous avons la chance mon compagnon et moi d’être suivis pas des spécialistes et d’être « compatibles ». C’est pourquoi nous nourrissons l’espoir de pouvoir avoir un enfant.
      C’est notre souhait le plus cher, que la nature soit d’accord ou non, aussi nous jouerons toutes nos cartes pour tenter d’y parvenir.

      • Cloudy dit :

        La vie m’a mis quelques bonnes tartes dans la gueule, comme à beaucoup j’imagine.
        J’en connais un rayon sur la différence, voire la discrimination, il m’en a fallut du temps pour transformer ma colère et vivre en accord avec moi.
        Pas toujours facile mais je lutte pour y arriver.
        Je peux dire aujourd’hui la tête haute que je me fous royalement de ce que pense les « autres » 😉
        Merci pour tes visites et pour tes commentaires, ils sont importants !

  3. Bounty Caramel dit :

    C’est très clair. C’est très fort et puissant. Je sais, enfin plus honnêtement, j’imagine. J’espère qu’un jour ces questions cesseront totalement, ou seront un souvenir pansé, et qu’elles laisseront place à la certitude d’avoir fait tout ce qui était possible, tout ce qui était supportable, tout ce qui permet qu’aucun regret ne soit, tout ce qui fait que aujourd’hui et demain vous êtes et serez ensemble pour le meilleur avant, et avant avant, tout. Des bises

  4. tatacat dit :

    Echo echo pour moi dans tes paroles….
    Même si chacun vit ce parcours de manière subjectif on retrouve un fil conducteur, des questionnements similaires…
    Mettre son corps en jeu sans résultat assuré, jusqu’où aller? Je suis allée bcp plus loin que ce que je n’aurai pensé à la base pouvoir en subir (au départ la FIV niet je refuse) et pourtant je ne suis plus à ma première …. C’est dingue comment le mental se modèle au fil des épreuves, les ressources que nous avons ….
    Le deuil d’un enfant, encore impossible pour moi même si ça fait son chemin ….
    Et les grossesses des autres je pensais ça clot mais un ventre de 8 mois et demis hier et une annonce de grossesse dans la même journée m’ont fait prendre conscience que non….
    Je t’appelle! Biz

    • Cloudy dit :

      Merci pour ta présence ici et ailleurs.
      Tu es forte, pleine de ressources et j’admire ton chemin, que je sais douloureux.
      Mes pensées t’accompagnent pour les mois à venir, pour la suite.
      Tu l’as dit, il faut garder ESPOIR !!!!
      Bizettes

      • tatacat dit :

        Merci pour tes pensées
        L’être humain a des ressources insoupçonnées la pulsion de vie est encore présente 😉
        « Je ne m’en pensais pas capable et pourtant je suis encore debout » voilà ma phrase du moment!
        Bizettes!

  5. choubi dit :

    Toutes ces questions, et puis le deuil d’enfant, toues ces interrogations que je ne me suis jamais poséees me sautent au visage ce matin ; comme ça doit être douloureux ! je vous envoie de la douceur.

  6. adeline dit :

    Ce qui fait peur justement c’est l’enfant à tout prix
    l’enfant sans réfléchir : ces couples qui ont des enfants par contrainte de la société de plus en plus forte
    ces jeunes femmes (enfants) qui ont des enfants très jeunes, pour le fun et après ?
    Se reconnaitre couple , femme , homme sans enfants
    Il n’y a pas de deuils à faire, ce n’est pas une mort
    Toutes ses femmes qui sont en dépression suite à leur maternité, toutes ces femmes seules qui doivent se débrouiller pour élever ses enfants voulus ou non
    Il y a aussi le chemin de l’adoption

    • Cloudy dit :

      Oh Adeline, que votre commentaire m’attriste.
      Il faut savoir pour juger, il faut vivre les choses de l’intérieur avant d’asséner des poncifs.
      Il faut avoir connu l’annonce de l’infertilité, les piqures, les anesthésies générales, avoir vécu les transferts, il faut avoir digéré les chiffres, les protocoles, les termes techniques, les douleurs physiques, pour savoir.
      Il n’y a pas de généralités, que des cas particuliers.
      Je ne sais pas si vous avez des enfants, quelle place ils occupent dans votre vie aujourd’hui, quelle joie ils vous apportent.
      Les enfants, c’est la vie, c’est le couple transcendé pour construire une famille.
      Quelque chose que je ne suis pas sûre de connaitre un jour.
      Si vous saviez tout cela Adeline, si vous aviez vécu dans votre chaire la succession des échecs et si vous aviez souffert dans votre âme, alors vous sauriez ce que le deuil signifie.
      Certes, il y a le chemin de l’adoption… mais tout le monde n’est pas prêt à franchir ce pas.
      La vie n’est jamais tout à fait binaire.

  7. Hélène dit :

    En ce qui me concerne je dirais que le plus difficile a été (est) de trouver du sens parfois à cette existence. Impossible de se laisser emporter par un certaine tourbillon qui permet à chaque journée de se dérouler tout simplement. Mais peut-être qu’avec enfants le questionnement aurait été le même, je ne saurai jamais.
    Du coup, inventer autrement, autre chose. C’est très beau aussi. Mais je sais que ça n’est jamais facile. Des pensées douces…

    • Cloudy dit :

      Merci Hélène pour ta venue ici et pour ce partage qui me touche infiniment.
      J’ai touché du doigt ce que tu décris avec beaucoup de pudeur et de retenue.
      Il faut du temps, je crois…
      Je t’embrasse fort

      • Hélène dit :

        Oui être patient, ce que l’on n’est pas toujours quand ça fait mal. Moi je me souviens que je me suis dit : ben puisque d’une certaine façon j’ai du temps devant moi je vais essayer d’en faire quelque chose (ce fut une reprise d’études). Et puis après il y a plein d’autres choses qui viennent… Et il y a cette disponibilité pour les autres enfants (et là je pense notamment à ma filleule).
        Dans un commentaire tu écris que tu es debout. Tu as écouté « femme debout  » de Jeanne Cherhal (dernier album) ? ça va te parler.
        Je t’embrasse également

      • Cloudy dit :

        🙂
        Merci de me faire découvrir cette belle chanson que je ne connaissais pas.
        Douces pensées Hélène

    • Cloudy dit :

      Je t’ai remercié chez toi pour cette mise en lumière inattendue et très touchante.
      C’est aussi l’occasion de dire ici que je te suis régulièrement, que tu fais partie de ma « team ».
      Ces présences lointaines et néanmoins précieuses, qui créent de la solidarité et du soutien.
      Alors du fond du cœur un grand MERCI à toi et beaucoup de courage.

  8. Pierre dit :

    Quelle que soit la difficulté vécue (et il peut y en avoir dans bien des domaines…), quelle que soit la douleur intime ou le craquement intérieur, ce qui me semble le plus fort dans ces épreuves, c’est d’en arriver à comprendre, comme tu le dis dans ta dernière phrase : « L’épreuve m’aura appris sur moi, sur nous. »

    • Cloudy dit :

      Je crois que c’est la seule chose que je peux affirmer aujourd’hui : je suis debout, j’ai fait tout ce que j’ai pu, je n’ai pas de regret.
      🙂

  9. Sandy dit :

    Cloudy,

    Si tu ne peux pas avoir d’enfant bio, ce ne sera pas un deuil mais un renoncement. Comment pourrais-tu faire le deuil de ce que tu ne connais pas ? Ce serait comme pleurer un inconnu. Tu t’accroches, tu réclames de la vie le même traitement que la majorité des femmes, tu exiges et c’est peut-être là le noeud du problème : la vie se donne, se retire sans nous demander notre avis. Tu n’aimes pas ce qu’elle te propose car tu te focalise sur ce qu’elle ne te donne pas.

    Après, suis ton chemin, va au bout de ta quête, des limites de ton corps et de ton esprit pour ne rien regretter mais si ça ne marche pas, les questions s’estomperont progressivement. Pourquoi nous ? Parce que nous étions appelés à vivre autre chose. La vie ne s’arrête pas sur une frustration, heureusement.

    Sandy (infertile primaire, 2 FIV ICSI)

    • Cloudy dit :

      Si je parle de deuil ici, c’est parce que j’ai déjà été enceinte de manière naturelle.
      Je ne réclame, ni n’exige, je souhaite, j’espère et me donne les moyens. Si cela ne fonctionnait pas, comme je l’écris ici, je me mettrais de fait dans un nouveau processus (celui consécutif au deuil, l’acceptation pour passer à autre chose).
      Mon expérience de vie et mon expérience professionnelle aussi, me font largement penser et je te rejoins sur ce point, que la vie ne s’arrête pas sur un échec.

  10. julys974 dit :

    Je te découvre, grâce à Bounty, et j’aime ce post qui fait drôlement échos en moi… Nous en sommes au même stade dans notre parcours et je crois que cet échec de FIV 2, c’est le plus dur à digérer sans doute, car les questions qui s’imposaient timidement à nous jusqu’ici deviennent de plus en plus obsédantes et que le doute s’installe progressivement. Mais en effet, la vie ne se résume pas qu’à ça, et je crois qu’on doit avant tout apprendre à être heureuses avec ce qu’on a. Bon courage pour la suite. Bises.

    • Cloudy dit :

      Merci d’être venue par ici 🙂
      Je te souhaite à mon tour du courage pour la suite, de l’espoir, de belles surprises.
      Des pensées 🙂

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