Solide et sensible *

Je suis solide dans l’accompagnement que je propose : je sais créer un équilibre dans la relation, je sais écouter, je sais encourager, je maitrise mes outils, je connais les opérateurs

Je suis sensible lorsque je vois des hommes (et des femmes aussi) pleurer dans mon bureau. Des personnes à bout, qu’elles soient chercheurs d’emploi ou salarié-es

Je suis sensible lorsque j’ai de moins en mois d’outils pour accompagner mes candidats, quand des opérateurs disparaissent, quand les listes d’attente s’allongent pour apprendre le français, apprendre le code…

Je suis solide dans mon équipe. Une ressource, un pilier au même titre que mes collègues. Je sais aujourd’hui quelle est la valeur de mon travail, je sais ce que je vaux

Je suis sensible lorsque la commande institutionnelle se fait de plus en plus lourde, lorsque ma charge administrative prend le pas sur l’accompagnement que je peux proposer

Je suis solide lorsque je dois présenter mes résultats devant « les décideurs », quand il me faut défendre mes projets et évoquer la situation sur mon territoire

Je suis solide lorsque des accompagnés me jettent à la figure que je ne fais rien pour eux, que je ne « sers à rien », que la France « c’est de la merde »

Je suis sensible lorsque la pression monte et qu’elle impacte différemment mais durablement l’ensemble de mes collègues

Je suis sensible lorsque je suis « invitée » à rencontrer mon supérieur hiérarchique pour « régler » ma situation. Lorsque je me sens piétinée professionnellement et niée personnellement

Je suis sensible lorsqu’une personne me remercie pour le chemin que nous avons parcouru ensemble, pour mon soutien. La plus belle des récompense sans nul doute

 

* Inspiré de l’article de Pierre

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