FéminitéS

Tu m’as invitée à réfléchir à la notion de féminité, ce que cela représente pour moi d’être une femme.

Une réflexion pas si aisée finalement, un voyage…

Enfant, j’ai regardé et admiré ma grand mère qui s’appliquait son fond de teint avec application devant son grand miroir. Je me rappelle de l’odeur de sa poudre de riz, de ses gestes toujours identiques et précis. Je me souviens du rouge très rouge avec lequel elle dessinait sa bouche, puis enfin de la petite mouche qu’elle posait pour parfaire le tout, sur sa joue. J’étais captivée par ces gestes de dame et j’espérais que très vite moi aussi, je pourrais accéder à ces subterfuges d’embellissement.

Mon chemin en féminité a été douloureux, parsemé de gros cailloux…

J’ai été une enfant puis une adolescente en surpoids, en guerre contre mon propre corps. Je me suis oubliée, j’ai fait des séparations, construis des tranchées entre l’âme et le corps. Mon corps m’a portée, fait avancer mais en aucun il ne pouvait être mien. J’étais flanquée d’une enveloppe qui ne me correspondait pas, que je rejetais avec violence.

Et puis il me semble, rétrospectivement, qu’on ne m’a pas beaucoup montré le chemin.

J’ai pensé à la manière dans ma famille dont les femmes se vivaient femmes, évoluaient en tant que femmes, ce qu’elles m’ont renvoyé consciemment ou non. Ce que j’en garde, c’est que celles  qui ont été proches de moi et ont influencé mon éducation et donc la femme que je suis aujourd’hui, se sont d’abord oublié, elles n’ont pas beaucoup considéré leur corps. Ma mère par exemple, n’a jamais passé beaucoup temps à se pomponner, comme si cela ne lui procurait ni plaisir ni joie. Il n’y a jamais eu beaucoup de produits de beauté à la maison, ni parfum. C’est ailleurs et avec d’autres que j’ai appris. A la réflexion, les « femmes de ma vie  » n’ont jamais vraiment été très féminines.

Mais quelle est donc la définition que je donne à « féminines » ?

Il me vient à l’esprit l’exemple de la mère d’une amie que j’avais enfant et qui pour moi était l’exemple type de la femme « féminine » : une femme d’allure toujours très soignée, légèrement maquillée et parfumée mais le tout fait très subtilement, portant de jolis bijoux fins, toujours avec des coupes très « tendances ». Dans mon souvenir, c’était une femme très souriante, douce et qui dégageait ce que je considérais alors comme le summum du féminin : une aura, une femme qui ne laissait pas indifférente selon moi.

Je me suis sentie femme lorsque j’ai perdu beaucoup de poids, lorsqu’il m’a semblé que mon corps me ressemblait enfin, correspondait à celle qu’il y avait à l’intérieur.

Maigrir a signifié pour moi porter des vêtements qui eux aussi me correspondaient enfin : robes, jupes, décolletés, et aussi talons, chaussures de « dame ». Ce que je n’osais pas auparavant. J’ai vécu cette période (certes difficile, car hyper contrôlée), comme une parenthèse enchantée, hors du réel. J’ai repris confiance, je me suis plût, j’ai plu.

Une période qui n’a pas duré très longtemps…

Ce qui me fait me sentir un peu féminine aujourd’hui, je crois et essentiellement, c’est par le regard que mon compagnon porte sur moi, par les mots qu’il me susurre, les gestes qu’il fait.

Je suis sa femme et si cela n’est pas toujours totalement suffisant pour me faire sentir bien dans mon corps, cela y contribue largement.

La question en suspend, celle à laquelle je ne répondrais sans doute jamais, c’est si j’étais maman, me sentirais-je plus féminine encore ?

Des pensées Chère Catherine

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