Faire sauter les verrous ?

Dans ma famille, on ne montre pas.

La joie, le bonheur que l’on peut ressentir. Cela pourrait porter la poisse et puis d’ailleurs, le bonheur est suspect, il est réservé aux autres.

Pas plus qu’on ne montre ses autres sentiments. Sa colère, sa peine, sa peur.

Est-ce un code, l’éducation judéo-chretienne de ma mère, les nombreux interdits et non-dits qui ont parcouru l’enfance de mon père ?  Aucune idée. Néanmoins, c’est devenu une culture commune, une insidieuse habitude.

Les cadeaux de Noël ? Un sourire poli et un merci.

L’échec de la FIV ? « Ce n’est pas grave, il faut que vous retentiez »

Les soucis avec l’employeur ? « Les employeurs fonctionnent tous comme ça aujourd’hui, il faut t’endurcir ».

Je suis lasse des généralisations, des croyances familiales édictées comme des fatalités.

J’ai besoin de chaleur, de mots doux, qu’on me touche la main et que l’on me prenne dans les bras.

Je suis sensible, un rien m’ébranle, les informations TV me mettent hors de moi, les dessins animés me font pleurer. Néanmoins, j’ai conscience que moi aussi je garde. Voire même je collectionne, j’empile jusqu’au trop plein que je ressens aujourd’hui.

Les verrous sont posés partout, ils obstruent, entravent et mine de rien égratignent un peu.

Il est peut être temps que ça saute…

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