Tout est dans le style

Pendant mes trop courtes vacances, j’ai décidé de changer de style.

Cette décision ne m’est pas tombée dessus, je la muris depuis plusieurs mois, sans doute parce-que je me sens étriquée dans mon costume, plus à l’aise, plus en adéquation avec moi.

Je dis costume, car il me semble en effet que dans mon domaine, le social, nous portons un peu toutes le même uniforme, ou tout du moins, nous nous en éloignons peu. Pour faire simple (et caricaturer à peine), il est constitué de chaussures plates, jeans le plus souvent, des vêtements qui varient entre le noir, le gris foncé et le taupe, de grandes chemises et de larges pulls. Bijoux, écharpes et coiffures sont plus recherchés, plus marqués.  Camarades du social qui venez par ici ne soyez pas offusqué-es…. J’ai le sentiment que nous nous conformons. Sans doute pour ne pas marquer une trop grande distance vestimentaire avec les publics que nous accueillons. Faire trop « classe », trop femme peut être mal vu, mal interprété.

Je ne me retrouve plus dans cet uniforme, qui ne m’a jamais vraiment correspondu au fond. Et puis le temps aidant, j’ai bravement pris 15 kg en 4 ans, donc forcément la garde robe ne suivait plus. Ces 4 dernières années, j’ai accumulé des pièces par nécessité, par dépit et ma ligne conductrice était le noir. Déprimant au possible.

Ainsi donc, j’ai décidé de me prendre en main.  J’ai même acheté un livre pour me coacher « Ma To-Do list dressing », de Jeanne-Aurore Colleuille et Laure Gontier. Bon, je n’ai rien appris de fondamental (faut pas déconner) ceci dit, cela m’a aidée justement à sauter le pas : celui du tri, celui aussi de savoir ce vers quoi j’ai envie de tendre. VRAIMENT.

Je me suis plongée avec entrain et détermination dans ma penderie, trop longtemps dédaignée.

Rends toi compte, je n’avais pas moins de 3 impers, dont 2 dans lesquels je n’entrais plus. Je gardais amoureusement le blouson en jean de mes 25 ans, qui ne faisait pas de moi un sac et avait un méga tombé. Je ne te parle pas des tee shirts adulescents, trop moulants, ni des pantalons bouffants, idem pour la chemise cintrée déclinée en 3 couleurs, décidément trop cintrée.

Trier, ranger, c’est faire face à un léger sentiment de honte. Pourquoi et à quelles fins ai-je accumulé tant de choses ? Je n’en porte pas la moitié, me trouve toujours mal sapée et me dirige presque toujours vers les mêmes vêtements. J’ai acheté comme je mange : hyperphagiquement.

J’ai allègrement rempli plusieurs sacs, des sacs « à donner », car je ne peux pas me résoudre à vendre mes vêtements. Lorsque la penderie s’est trouvée considérablement allégée, j’ai éprouvé un sentiment de soulagement et de bien être . Celui qui fait dire qu’on fait bien, que c’est juste, bon pour soi.

Combien de temps cela va durer, je ne sais pas. Est ce que je vais trouver des vêtements qui me correspondent vraiment, est ce que je vais enfin oser (être féminine !) ? Je ne sais pas non plus. Ressembler à Carole Bouquet, Inès de la Fressange, Tilda Swinton voire Angelina Jolie lorsque l’on a une carrure comme la mienne et un portefeuille aussi peu fourni, c’est mission impossible.

Pourtant, je sens que c’est le bon moment pour commencer à changer.

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Roy et le Pop Art

Roy à Beaubourg

Roy à Beaubourg

Première grande rétrospective de l’artiste à Paris, l’exposition que l’on peut découvrir à Beaubourg est juste renversante.

126 pièces au total, au 5ème étage du Musée, sur une superficie de 900 m2. Soit un espace confortable pour profiter des œuvres, sans être bousculés, en prenant la distance nécessaire pour les savourer.

Lichtenstein est un contemporain de Warhol. Comme lui une figure de proue du pop art (courant des années 50 à 70), comme lui il détourne les imageries populaires, il grossit les traits, il n’hésite pas à copier pour sublimer, pour interpeller.

L’exposition alterne subtilement les toiles, les sculptures, les estampes, les pièces ultra connues (ces femmes blondes, la larme à l’œil) et des tableaux moins connus, d’une facture plus « personnelle ».

Roy Lichtenstein à Beaubourg

Roy Lichtenstein à Beaubourg

Sa patte que l’on reconnait entre mille aujourd’hui est celle des reproductions de comics en grandeur XXL, des pointillés, des contours noirs très appuyés qui attirent l’œil sur un sujet somme toute banal. D’ailleurs, ce sujet ne l’intéresse pas en tant que tel, il le méprise un peu, le dédaigne même. Il utilise la culture de masse, la façonne à son profit. Qu’il s’agisse de publicités, des personnages de Walt Disney, il agrandit ces figures de la culture américaine pour appuyer là où ça fait mal (industrialisation, commerce de masse = perte des valeurs, de l’identité ?).

La palette de l’artiste est large, il mérite d’être découvert ou redécouvert, car ce qui apparait comme un travail facile (pour l’essentiel, il reproduit des images) est en réalité le résultat de tâtonnements, de réflexions, de multiples constructions. C’est une manière aussi, me semble-t-il, de lui rendre la place à laquelle il a droit et non plus celle de Poulidor du Pop Art.

Plus d’infos :

3 juillet 2013 – 4 novembre 2013

de 11h00 à 21h00

Galerie 2 – Centre Pompidou, Paris

13€, TR 10€ / 11€, TR 9€, selon période

Nocturnes les jeudis jusqu’à 23h (dernière entrée à 22h)
Ouverture les samedis et dimanches dès 10h pour les adhérents du Centre Pompidou et les visiteurs munis de billets