News from the World : march

J’ai eu 38 ans, un jour de fête internationale des femmes. J’aurais aimé que cet instant, cette journée ne s’arrête jamais. Non pas parce que je tire une fierté à avoir 38 ans (car au fond cet âge me semble de splus irréels). Mais juste parce que pour la première fois, j’ai touché du doigt un sentiment de paix intérieure. Une plénitude impossible à qualifier. Un repas avec tous les aimés, tout le long de la journée des signes d’affection, d’amitié, d’amour et des cadeaux, comme je n’en n’ai jamais eu. Juste du bonheur.

Voilà que la « colère professionnelle », revient m’habiter avec violence. Notre cadre de travail ne cesse de changer, d’être bousculé au détriment de l’accompagnement des personnes, des contraintes institutionnelles imposées en dépit du bon sens. Je m’oppose et je souffre. Le chiffre au détriment de l’humain, du lien social, de la qualité de l’accompagnement. Les techniciens que nous sommes sont méprisés. Pourtant nous sommes présents tandis que ministres et mesures à la noix se sont succédé jusqu’ici, infatigables pansements sur une jambe de bois tandis que l’autre se gangrène. Plus j’avance et plus ces pratiques me deviennent intolérables. Je trouve les gens gentils. Gentils de ne pas se rebeller, gentils de ne pas tout faire péter, tant ils sont malmenés. Je me contente de petites victoires, il y a bien longtemps que j’ai renoncé à faire des étincelles. Je souhaitais être une professionnelle incontournable, la « meilleure ». Je ne le serai jamais. J’écoute, je considère, je suis un miroir, je tiens la main…

Un nouveau Pape. Le temps m’a rendue agnostique et pourtant ce Pape, dont je ne sais rien au fond, a fait naitre en moi un certain espoir. J’ai aimé les mots simples, les bains de foule, les objectifs sans doute irréalisables mais sincères. J’ai regardé la cérémonie comme plongée dans un autre siècle, mi amusée, mi impressionnée. Francesco, une promesse.

François. Que de déceptions depuis le jour de ton élection. Que de promesses que tu foules un peu plus aux pieds chaque jour. Je suis malade à mon pays, malade de voir ce que tu en fait, aidé par une bande de ministres risibles. Je suis si déçue et tellement en colère que j’en viendrai à rallier le propos de notre Gérard national. Ne vois tu donc rien, n’entends tu pas les difficultés énoncées par les Français ? Il me semble que non. Tant d’amateurisme, de manque de créativité et de bon sens me laissent dubitative et sceptique. Il me semble que ce n’est ici que le début d’une longue dégringolade.

En mars, on a encore bafoué la laïcité. Débattre ici sur la question est impossible et un peu casse gueule, j’ai toujours peur que mes mes propos soient  mal interprétés et sources de confusion. Je vous  renvoie sur « l’affaire » de la crèche Baby-Loup. Il n’est nullement question pour moi de stigmatiser une religion. A mon sens, les signes religieux quels qu’ils soient n’ont pas leur place à l’école et encore moins à la crèche. Je suis et demeurerai une défenseure acharnée du principe de laïcité, pour peu que ceux qui nous gouvernent ne légifèrent pas à tout va, pour créer encore plus de troubles et d’opacité.

Ayrault nous dit qu’il sait où il va. Il est bien le seul à le savoir, d’ailleurs, s’il pouvait nous indiquer une quelconque direction, ça pourrait nous aider à comprendre sa politique…

J’ai renoué avec mes repas de filles. Quand on parle chiffon et pas que, quand on se sent relié par cet indescriptible fil, celui qui fait se sentir dans ce qui me plait d’appeler une communauté d’âmes. J’en avais besoin, ça m’a manqué. J’ai savouré avec plaisir cette douce « fraternité ».