Ode à Koquette

J’ai rendu Koquette, le coeur gros (j’ai limite versé ma larme, c’est dire…).

Je l’ai vidée au fur et à mesure de mes petits objets et gri-gris, avec la peur depuis une semaine de l’accrocher avant de la rendre, j’en ai même rêvé…

J’ai acheté Koquette sur un coup de tête, sans réfléchir et par nécessité. Je n’arrivais plus à rembourser les mensualités sur mon autre voiture, une plus grosse voiture (achetée aussi sur un coup de tête ou plutôt de blues).

J’aime les voitures et si je pouvais, j’en changerais tous les ans je crois. C’est ma part masculine, une certaine assurance qui s’exprime lorsque je suis dans mon carrosse, je me transmute, je deviens autre, je me sens invincible. Attention, cela ne signifie pas que je tords le cou à toutes les règles de conduite et que je suis un danger public, c’est juste une situation de la vie de tous les jours qui me fait me sentir bien.

Ça m’arrange assez qu’il n’y ait dans ma campagne que le bus scolaire, aux horaires incompatibles avec mes horaires de travail. Ma voiture est mon sas de décompression en sortant du travail et le temps nécessaire pour entrer dans mon habit de conseillère emploi le matin.

Je chante à tue tête, j’écoute de la musique ou France Inter, je hurle au moment des infos, je ris aussi…

Pendant plus de deux ans, nous avons tout vécu avec ma petite voiture. Le dédain des gros 4*4, les queues de poisson (incalculables) des personnes faisant fi de ma présence sur la route, le regard insistant ou amusé des enfants, des papies et mamies. De plus, elle a suscité de nombreuses controverses quant à sa couleur : vert ou jaune ?

Koquette

Namoureux, lorsqu’il l’a vue la première fois a préféré me laisser le volant : « c’est une voiture de fille ça nan ? »

Ben voui !!! Koquette a été ma compagne, nous avons fait de la montagne, de la campagne, de la grande route, toute fenêtres ouvertes ou affrontant bravement la neige. Bref, elle m’a emmenée partout sans jamais rechigner, certes en ne dépassant jamais le 110…

Et puis la Koquette, ce n’est pas une voiture comme les autres, tu la remarques (je ne l’ai JAMAIS perdue sur un parking), on ne l’oublie pas. Et je crois que j’aime bien ça, frimer avec ma voiturette.

J’ai troqué Koquette contre une voiture blanche, un peu plus passe partout. Me reste plus qu’à la baptiser celle ci…