Just like a prayer

A genoux, dans ma chambre d’enfant. J’ai prié lorsqu’à 6 ans, j’ai avalé (en jouant) une bague en plastique, j’ai attendu en me récitant à voix basse le Notre Père, jusqu’à ce que le médecin rassure tout le monde…

Adolescente, assise à mon bureau, j’ai prié les mains croisées, pour la première guerre d’Irak, implorant pour que mon cousin ne parte pas se battre.

J’ai prié l’année de mes 16 ans lorsque j’ai vu ma mère partir en ambulance à cause d’une embolie pulmonaire.

Le 31 décembre 2001 à 23h, j’emmenais ma nourrice aux urgences, elle ne pouvait plus respirer. « C’était moins une » m’a  dit l’urgentiste à l’accueil, l’oedeme pulmonaire commençait à faire son oeuvre.

J’ai prié secrètement pour que Namoureux soit namoureux (grave) de moi (tandis que je l’étais déjà grave de lui).

J’ai prié pour Ingrid Bettancourt et Aung San Suu Kyi.

Baptisée, j’ai fait mes deux communions. J’ai fréquenté les Églises plus pour avoir la paix, pour me conformer, que par conviction. Jusqu’au jour où il m’a semblé nécessaire d’arrêter le mensonge, je ne suis pas allée jusqu’à faire annuler mon baptême comme je l’avais décidé. Mais j’ai pris la décision « claire » d’affirmer mon athéisme.

Pourtant dans les pires moments, c’est toujours le Notre Père qui me vient et que je me récite sans me tromper… Je trouve toujours cela curieux, ce tour que je me joue la religion, ces croyances ancrées malgré moi. Je les dois certainement à mon auguste mère catholique convaincue et à la douce personne qui m’a élevée, protestante pratiquante.

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