No resolutions

L’année dernière à la même époque,  je franchissais la porte de Maison Company la fleur au fusil, pétrie de bonnes intentions. C’était sûr, j’allais quitter ce lieu étouffant et me construire une nouvelle vie ailleurs. J’allais prendre de l’info pour suivre une formation, j’allais arrêter de manger (tu me connais, je pratique l’extrême en toutes choses), j’allais prendre du recul, j’allais oser et prendre des risques, bref avoir ENFIN une vie trépidante.

Puis, j’étais aller me présenter à Vénérable Directrice, laquelle était restée rivée à son siège et avait répondu  à mes vœux du bout des lèvres, se remettant à l’ouvrage en se tournant vers son ordi.

J’y avais vu un signe (oui, Madame Monsieur,  je vois des signes à peu près partout) et mon année a été disons, en demie-teinte…

Cette année, j’ai pris conscience de mes manques. De cette propension  à n’être jamais dans le présent mais toujours dans l’hier, qu’il m’arrive de regretter ou dans le lendemain, que j’anticipe malgré moi.

Comme chaque année, je suis rentrée dans mes vacances tardivement et je n’en ai pas profité. Je me suis refais le film de l’année (en mettant une focale sur tout ce que je n’avais pas réussi, évidemment), j’ai pensé à mon travail, à ce qui m’attendrait à mon retour. Et comme à chaque fois, la décompression a été éprouvante. Larmes à gogo et crises d’angoisse.

Je ne sais pas d’où me vient ce syndrome toujours plus prégnant, qui me fait passer à côté de l’instant et qui me fait le vivre à moitié, d’être toujours un peu à côté des évènements et des êtres.

Mon challenge pour cette année, je le sais, cela va être de m’ancrer. De savourer, sans me projeter de manière artificielle, sans jouer les scènes par anticipation (sachant que je tombe souvent à côté), d’être connectée à l’ici et maintenant.

Pas une résolution mais juste l’envie d’avancer vers un peu plus de bien être…