Pia pia pia

Ne sont elles pas énervantes  les Géraldine Nakache et autre Leila Bekhti avec leur amitié dégoulinante, affichée  à longueur de une ou dans les émissions TV dans lesquelles elles sévissent ?

Si elles m’irritent, je dois avouer que c’est aussi la jalousie qui m’anime.

En effet, mon amie de cœur à moi, a jeté les amarres après une amitié sans failles de 30 ans…

Tu sais le genre d’amie qui ne trouve pas que tu exagères quand tu parles de ta mère, parce qu’elle la connait, d’ailleurs elles se tutoient parce que ta mère l’adoooore.

Le genre d’amie qui comme toi, en 2d7, a été humiliée de la plus belle des façons par cette conne prof de maths intolérante, qui avait une dent contre les littéraires et les envoyait au tableau pour tester leur sens de l’arithmétique .

Le genre d’amie qui a pleuré en même temps que toi en regardant le Cercle des Poètes disparus, qui comme toi était un tantinet amoureuse de Robert Smith (ben quoi ?), qui écoutait à donf  Depeche Mode dans le casque et qui comme toi connaissait les paroles des chansons emblématiques sur le bout des doigts.

Une âme sœur qui savait tout de toi, de tes lumières jusqu’à tes ombres les plus sombres et  qui avant même que tu lui dises que tu avais le bourdon le savait déjà en ayant évalué ta mine renfrognée.

Celle qui ne s’est pas moquée de toi, lorsqu’à 19 ans tu as attrapé la varicelle, celle encore qui te tenait la main lorsque tu as vécu une peine de cœur dévastatrice, alors que 1000 fois elle t’avais répété qu’il n’était décidément pas fait pour toi.

Celle encore qui savait que cette coupe de jean t’allait comme un sac et osait te le dire gentiment mais franchement ou encore qui celle qui fut la première à te dire qu’il fallait arrêter avec la couleur noir corbeau, que merde tu n’avais plus 16 ans et que Robert était loin…

J’ai perdu cette amie là et en ce moment, tandis que les coups durs s’accumulent un peu, je me sens dépourvue pour piapiater, ronchonner et pleurnicher. Personne qui me « sait » comme elle, qui me devine, personne pour distiller si savamment les mots qui tombaient toujours à pic et qui me faisaient avancer.

J’aime les communautés de femmes, cette fraternité indicible qui nous unit parfois.

Les amitiés d’enfance et d’adolescence sont elles si difficiles à retrouver, ou bien est ce moi qui suis incapable de recréer du lien aujourd’hui ?