Précieux sésame

Octobre, j’ai 16 ans.

J’entame ma deuxième seconde. Je garde mes distances avec cette classe que je trouve « trop jeune ».

Cette année pourtant, côté profs j’ai de la chance.

Notamment en français.

Grâce à cette enseignante passionnée, j’ai le sentiment d’entrer en littérature. Je découvre des auteurs qui ne me quitteront jamais, parmi eux l’icône Duras, le subversif Sartre, l’immense Hemingway. Cette année et grâce à elle, j’ai le sentiment que mes écrits ont du sens, qu’ils sont valorisés.

En ce mois d’octobre, nous partons en « sortie » pour un musée situé en Suisse.

Le peintre exposé, que je ne connais pas, est un certain Edward Hopper.

De la peinture, je connais quelques mouvements. L’impressionnisme dont ma mère raffole, le pointillisme et des noms tels que Dali, Picasso, Monnet…

Et là, je découvre Hopper. Ce n’est pas une découverte mais plutôt une rencontre.  Un coup de cœur.

On me demande de choisir une œuvre et d’y entrer. Rien de plus facile. Je pourrais entrer dans chacune d’entre elles et faire mien leurs univers. Tout me parle, des atmosphères aux personnages. J’aime les lignes pures, je perçois la solitude des personnages, j’aimerai être plongée dans cette campagne, regarder à travers les baies vitrées, m’asseoir à ce comptoir de bar et faire un brin de causette avec cette femme blonde.

Les œuvres d’Hopper s’exposent à Paris, au Grand Palais et que j’ai décroché le fameux sésame, pour aller le voir à nouveau en décembre.

J’attends cette visite avec impatience, pour me reconnecter à ce délicieux moment et me régaler à nouveau de ses œuvres, comme une groupie…