This is Love

Le soir, je m’enveloppe dans sa robe de chambre douillette et chaude.

Au petit matin, il m’arrive de m’asperger de son parfum.

Sa présence m’habite dans tous les grands moments de la journée mais je compose avec l’absence.

Son absence.

Il n’y a pas de modèle de couple. Je le sais.

Mais la distance abime. Il me semble qu’il faut être fort pour supporter les pleins et déliés du quotidien, seul.

Cette solitude, jour après jour, depuis plusieurs années me devient de plus en plus insupportable.

La plupart du temps, je pense et agis en mode 1 et non pas en mode 2. Impossible de prévoir sur le long terme, de se projeter. Nous n’y parvenons pas, nous ne l’évoquons plus.

Je fais chaque soir avec sa voix, sans la chaleur et la douceur de sa peau, de son regard.

Pour nous informer l’un de l’autre, nous saupoudrons : ce qui a fait notre journée, nos ressentis, nos emportements, nos agacements. Mais l’émotion, elle, est souvent tue.

Nous nous accompagnons, il est vrai, mais de loin en loin.

Nous savions, en nous engageant dans notre histoire, ce que cela allait supposer mais nous ne mesurions pas ce que cela allait représenter « en vrai ».

Notre couple s’est construit dans la douleur avant de gagner en légèreté, en douceur, pour à nouveau se cogner aux difficultés que la vie a mis sur notre route.

De la joie, de la présence l’un à l’autre, ce sont là les essentiels qui nous manquent aujourd’hui pour continuer à construire en sérénité et pour préserver, aussi, notre amour.